Un développeur italien vient de mettre au point CrankPal, une plateforme web qui associe la maintenance prédictive du vélo à un logiciel. Après une phase de développement en Italie, le programme est disponible en 40 langues. Le résultat est assez convaincant.
Le logiciel d’atelier démarre avec le plan Free, actuellement en bêta ; les plans Premium et Pro suivront au premier et au deuxième trimestre 2027. L’application pour cyclistes arrivera bientôt.
Fondée par des mécaniciens vélo — et des cyclistes —, CrankPal construit les deux côtés d’un même écosystème :
Pour les ateliers, un logiciel de gestion complet né à l’établi, et non derrière un bureau : réservations, fichier clients et vélos, ordres de travail et devis, communication avec le client par application et par e-mail. Le plan Free est conçu pour lever tous les obstacles au passage au numérique : jusqu’à 100 ordres de travail par mois et 2 000 clients, sans frais et sans carte bancaire. Le plan Free est actuellement en bêta : les ateliers qui s’inscrivent pendant cette phase bénéficieront d’une offre spéciale, réservée aux early adopters, pour passer aux plans Premium et Pro.
Pour les cyclistes, une application qui garde leur vélo en bonne santé : elle estime l’usure des composants en combinant le GPS, les capteurs du smartphone, les intégrations avec Strava et Garmin et l’historique des interventions, pour alerter avant la panne, et non après. Depuis l’application, le cycliste réserve directement dans son atelier de confiance et suit l’avancement des réparations en temps réel, directement depuis l’écran verrouillé de l’iPhone. L’application est disponible dès aujourd’hui en avant-première et elle est gratuite pour les clients des ateliers qui utilisent CrankPal — et ses fonctions principales resteront gratuites pour eux après l’ouverture au public.
Les deux côtés se parlent : l’application est le canal direct entre l’atelier et le cycliste. Le devis s’approuve d’une simple pression, l’avancement des réparations se suit en temps réel et tous les échanges tiennent dans un seul fil de discussion — à la place des appels manqués, des messages éparpillés et des « je passerai voir plus tard ». Pour les deux côtés d’une même expérience l’atelier, cela signifie moins d’interruptions à l’établi ; pour le cycliste, savoir toujours exactement où en est son vélo.
Le même réseau fonctionne aussi comme un générateur de clients pour les ateliers : les cyclistes qui utilisent l’application recherchent, choisissent et réservent les ateliers affiliés, et les alertes de maintenance prédictive se transforment en interventions réservées — du travail nouveau et récurrent, à coût d’acquisition zéro. Pour un atelier, rejoindre CrankPal ne signifie pas seulement se numériser : cela signifie se faire trouver.
Se faire trouver, c’est aussi la raison d’être de CrankPages, l’annuaire public avec lequel CrankPal recense les ateliers vélo du monde entier — près de 60 000 dans plus de 100 pays. Le recensement belge est par contre farfelu. Chaque atelier peut revendiquer gratuitement sa fiche et la compléter avec ses propres informations ; ceux qui rejoignent CrankPal deviennent des « CrankPals », reconnaissables au badge affiché sur leur page.
Au cœur de la plateforme se trouve le passeport numérique du vélo : le recensement complet du cadre et des composants, un historique certifié des interventions et le transfert de propriété — une valeur qui reste attachée au vélo pendant toute sa vie.
« Dans l’aéronautique, personne n’attend la panne : chaque composant a une durée de vie connue et il est remplacé avant de céder. C’est la discipline que j’ai apprise comme mécanicien certifié FAA — et pendant toutes mes années dans la mobilité urbaine, cela m’a toujours frappé qu’elle ne s’applique pas au vélo, qui est pour des millions de personnes le moyen d’aller travailler tous les jours. CrankPal apporte cette discipline à ceux qui pédalent et à ceux qui réparent : l’atelier cesse de courir après les pannes et revient au centre. Et offrir la version de base du logiciel n’est pas une promotion : c’est le moyen le plus direct de construire ce réseau », déclare Umberto Javarone, fondateur et CEO de CrankPal.
Le projet s’appuie sur un parcours qui réunit les deux mondes de CrankPal : la mobilité urbaine et la culture de la maintenance. Avant de fonder l’entreprise, Javarone a été Country General Manager de FreeNow en Italie et Head of Urban Mobility Italy chez Europcar Mobility Group, après plusieurs années chez Apple, à Cupertino, dans les field operations de Maps. Il est également mécanicien certifié FAA — la qualification des techniciens de maintenance aéronautique, dans le secteur où la maintenance programmée et prédictive est la règle, et non l’exception — et titulaire d’un MBA de l’University of California, Berkeley.
Au cœur de CrankPal se trouve un modèle prédictif propriétaire, en instance de brevet, qui estime la vie restante de chaque composant du vélo — chaîne, cassette, plaquettes de frein, disques, pneus, câbles, roulements et des dizaines d’autres catégories — au lieu de se contenter d’un rappel générique du type « il est temps de faire la révision ».
Le modèle part de la physique de l’usure : pour chaque catégorie de composant, il encode le savoir des mécaniciens — durée de vie de référence, poids du type de vélo (route, gravel, VTT, vélo électrique, urbain), influence du dénivelé, de l’intensité de pédalage et des sorties sous la pluie, et jusqu’à l’asymétrie entre l’avant et l’arrière (une plaquette avant et une plaquette arrière ne s’usent pas de la même manière). Sur cette base agit un modèle statistique de survie qui pèse deux horloges en parallèle : les kilomètres parcourus et le temps qui passe — parce qu’un câble vieillit même quand le vélo reste au garage.
Ce qui le distingue des rappels à kilométrage fixe, c’est que le modèle apprend : chaque intervention réelle enregistrée par un atelier du réseau — une chaîne remplacée, une plaquette arrivée en fin de vie — est une donnée qui affine les estimations, pour ce vélo et pour toute la plateforme. Plus le réseau travaille, plus les prévisions deviennent précises. Les données de roulage proviennent du GPS, des capteurs du smartphone et des intégrations avec Strava et Garmin ; l’historique des interventions vient du logiciel de gestion des ateliers.
Comment fonctionne l’algorithme (brevet en instance). Le programme pilote a confirmé l’approche sur le terrain : les prévisions de l’algorithme se sont traduites par des interventions au bon moment à l’établi, et les retours des mécaniciens — le jugement de ceux qui démontent réellement le composant — sont devenus partie intégrante de la boucle d’apprentissage du modèle.
« Au début j’étais sceptique : en général, ces alertes automatiques ne valent pas grand-chose. Puis un vélo est arrivé, signalé par l’application pour sa chaîne, j’ai posé la jauge d’usure et l’allongement était exactement là où il devait être : à remplacer, juste à temps pour sauver la cassette. A partir de là, j’ai changé d’avis. Pour moi, la différence, c’est que les clients n’arrivent plus une fois les dégâts faits : ils viennent plus tôt, je travaille mieux et ils dépensent moins », raconte Samuele Roda, mécanicien chez Sensus Bike, l’un des ateliers du programme pilote.
Le déploiement international commence par le plan Free — actuellement en bêta — et l’application pour cyclistes.
Les plans payants arriveront hors d’Italie dans les prochains mois, avec des prix en devise locale et une offre spéciale de mise à niveau pour les ateliers early adopters inscrits pendant la bêta :
T1 2027 — Premium (à partir de 49 €/mois) : gestion des stocks et de l’inventaire, vente au comptoir, boîte de réception multicanal (WhatsApp, SMS, réseaux sociaux), diagnostic assisté par l’IA, rapports personnalisés, gestion des plannings et des rôles.
T2 2027 — Pro (à partir de 99 €/mois) : tout Premium, plus les paiements par carte et le SoftPOS, la facturation électronique selon les règles de chaque pays, les abonnements d’entretien pour les clients finaux, les vélos de courtoisie, un planificateur d’itinéraires pour les mécaniciens itinérants, des analytics d’acquisition et un assistant IA.
T3 2027 — Application pour cyclistes ouverte à tous : lancement public avec un abonnement mensuel ou annuel. Pour les clients des ateliers qui utilisent le logiciel de gestion CrankPal, les fonctions principales de l’application resteront gratuites ; une liste d’attente pour l’avant-première publique est déjà ouverte sur le site.
En Italie, premier marché de la plateforme, tous les plans sont déjà disponibles — y compris la facturation électronique entièrement intégrée au système d’échange national (SdI).
La plateforme est prête pour chaque marché dès le premier jour : profils fiscaux par pays (taux de TVA, identifiants fiscaux, règles de facturation), prix en devise locale et assistance en italien et en anglais avec un support multilingue.
Le plan Free pour les ateliers, actuellement en bêta, est disponible dès aujourd’hui sur crankpal.com, en libre[1]service et sans carte bancaire. L’application pour cyclistes est disponible sur l’App Store en avant-première, gratuite pour les clients des ateliers CrankPal ; une liste d’attente pour l’avant-première publique est ouverte sur le site. La documentation pour les ateliers est disponible sur docs.crankpal.com.
Aujourd’hui dans le Benelux, les réparateurs utilisent les programmes Cyclosoftware et Tilroy qui permettent une gestion complète du magasin et sont surtout couplés aux programmes des fournisseurs ce qui permet de lier directement le stock. Ces programmes proposent également en add-on des outils supplémentaires comme des prises de rendez-vous.
L’originalité de CrankPal et la prédiction de l’usure et la communication entre client et le réparateur.